Mon discours lors de la réunion publique à Créteil avec Christiane Taubira et Laurent Cathala

Retrouvez le discours que j’ai prononcé mercredi 7 juin lors de la réunion publique avec Christiane Taubira et Laurent Cathala.

Chère Christiane Taubira,

Merci pour votre présence.

C’est pour moi une grande émotion que d’intervenir devant vous aujourd’hui tant vous incarnez le courage, la loyauté, la volonté et l’intelligence.

En un mot, la République telle qu’on l’aime. Les attaques ignobles dont vous avez été la cible montrent combien la lutte pour les droits des femmes et le combat contre les préjugés raciaux restent d’actualité.

Vous avoir à nos côtés est un grand honneur et décuple nos forces.

Cher Laurent Cathala,

A qui nous devons beaucoup…et plus encore.

En 1977, lorsque tu as été élu Maire de Créteil j’avais 12 ans.

Toi et ton équipe avez donné un souffle et une dynamique incroyable à cette Ville.

Vous nous avez transmis votre enthousiasme et votre énergie à nous les gamins d’une banlieue dont les frontières semblaient lointaines et infranchissables.

Encore aujourd’hui, à chaque fois que je traverse le périphérique, je conserve intact cet émerveillement teinté de joie et d’appréhension.

Il me rappelle que vous nous avez montré la voie, qu’il y a de l’espoir, que les choses sont possibles.

La Culture et le Sport ont été les piliers d’une politique contribuant à développer le Vivre Ensemble et à créer une identité à cette ville dont la population était, est toujours, multiple.

J’ai compris plus tard à quel point mes engagements avaient été guidés par vos choix.

Professionnellement j’ai choisi de travailler en librairie et dans le même temps je me suis engagé à l’US Créteil grâce à Camille Lecomte que je salue et qui sait ma reconnaissance pour tout ce qu’il m’a appris et mon affection sincère.

Vous avez su transmettre ce dynamisme au milieu scolaire.

Cette école que l’on entend trop souvent critiquée.

Je sais…on aime bien les trains qui n’arrivent pas à l’heure…

Mais peut-on se demander ce que serait notre pays sans cette Ecole Républicaine Laïque et Obligatoire ?

Que serait notre pays sans ces enseignants engagés et investis dans leurs missions ?

N’est-ce pas chère Anne Anglès vous dont on connait l’abnégation, vous qui avez, inspiré le film « Les Héritiers ». 

Ce merveilleux film racontant l’histoire d’une réussite collective d’une classe de terminale du lycée Léon Blum qui, AVEC toutes ses différences, remporta le concours national de la résistance.

J’ai moi aussi eu la chance de croiser le chemin d’enseignants engagés pour qui je garde encore aujourd’hui une reconnaissance infinie.

J’ai effectué toute ma scolarité au Mont-Mesly, Camus, Laplace et Branly.

J’y ai compris que l’autre, celui qui est différent, est une richesse.

L’Autre ne me fait pas peur, il m’intéresse, il m’interroge, il m’apprend.

Il y a peu, lors d’une réunion du Conseil des Jeunes, dont j’ai la charge aujourd’hui, ces mêmes mots ont été prononcés.

Mieux encore, ces jeunes cristoliens ont ajouté que leurs échanges avec leurs camarades des Abymes et de Salzgitter leur avaient permis de mieux se connaitre eux-mêmes.

Cet esprit est donc toujours bien présent.

Toujours présent mais fragile…

Car rien n’est jamais acquis et nous devons rester vigilants.

On le voit avec les attentats bien sûr, et vous me permettrez d’avoir une pensée ce soir pour les familles et les victimes de Manchester, de Londres et du policier agressé hier soir à Notre Dame.

Ces actes terribles causés par ceux, dont l’ennemi revendiqué est la démocratie, ont contribué à répandre la peur et l’amalgame contre lequel nous devons lutter sans relâche.

On le voit aux Etats-Unis avec l’arrivée au pouvoir de Donald Trump, dont la vulgarité  n’a d’égal que son mépris d’autrui,  notamment avec la remise en cause de l’Obamacare et la sortie des accords de Paris sur l’environnement pour ne citer que ces deux exemples.

On le voit en Grande Bretagne avec le Brexit, en Hongrie, tout récemment en Bulgarie avec l’alliance de gouvernement donnant à l’extrême droite les ministères de la Défense et de l’Economie, excusez du peu !

Mais aussi ailleurs en Europe, où les politiques d’austérités génèrent le repli sur soi et la montée des extrêmes. 

Aucune société ne peut se développer durablement sur l’injustice sociale sans générer violence et instabilité.

Notre pays n’est pas imperméable à ce phénomène.

On dit souvent que l’histoire bégaie, même si aujourd’hui on appelle cela le « bashing »,  le « tous pourri » voire même le « dégagisme », pour moi ce n’est autre qu’une forme haineuse de néo- poujadisme.

On le voit aussi au travers du score du Front National et de la présence de Marine Le Pen au second tour de la présidentielle qui n’émeut presque pas !

François Mitterrand disait : « Il n’est pas de bonnes blessures pour la liberté, elles sont toutes mortelles »

Comment admettre l’absence de consignes républicaines claires dans l’entre-deux tours des dernières élections présidentielles ?

Moi, je me souviens que c’est la police française et la Feldgendarmerie qui ont  arrêté mon oncle le 28 avril 1942 rue Louise à Créteil devant ses parents et sa petite sœur… ma mère.

Son tort était d’être un jeune imprimeur résistant communiste.

Ils étaient 1 175 prisonniers dans ce convoi dit des « 45 000 », seuls 119 sont revenus des camps après 1000 et 9 jours de terreur.

Heureusement, le numéro « 45240 » en faisait partie.

Il a, lui aussi, profondément marqué mon enfance par ses récits de l’horreur et ses coups de gueule mémorable dans les repas de famille.

Toute sa vie il est resté fidèle à ses idées et à ses valeurs.

C’est ce qui m’a été transmis par mes parents.

C’est aussi ce qui a déterminé mon engagement politique : se battre pour ses convictions.

Dans les moments de doute et de difficultés, ce sont elles qui nous permettent de garder le cap.

Alors pardon, mais j’ai été profondément choqué quand, dans notre parti, certains, et non des moindres, ont fait volte-face.

Les raisons sont multiples, on en connait quelques-unes, mais l’heure n’est pas au règlement de compte.

Nous devrons, en temps utile, faire le bilan et reconstruire un parti socialiste fort, en capacité de gouverner le pays.

« Pour ce qui est de l’avenir, il ne s’agit pas de le prévoir, mais de le rendre possible »

…disait Antoine de Saint-Exupéry

Un parti socialiste qui devra retrouver l’esprit militant, être plus à l’écoute de la population, cette population qui nous le dit : elle souhaite plus de démocratie.

Cette population souvent désorientée, que nous  côtoyons tous les jours sur la circonscription avec ma suppléante Elisabeth Bouffard-Savary, et nos camarades de Bonneuil, de Champigny de Créteil et de Saint Maur, que je tiens à remercier ici pour leur engagement à mes côtés dans cette campagne.

Cette population, qui ne souhaite pas donner un blanc seing à Emmanuel Macron, qui faut-il le rappeler est le président le plus mal élu de la 5eme République et qui s’apprête à gouverner avec des députés inexpérimentés.

Car, on le voit bien, de l’aveu même de son premier ministre, ce gouvernement est à son image…de droite.

-Comment accepter une réforme du code du travail par ordonnance ?

-Comment ne pas être inquiet devant la suppression de plus de 120 000 fonctionnaires alors que nous avons besoin de services publics forts incarnant la solidarité nationale sur l’ensemble du territoire ?

-Comment ne pas s’interroger sur les changements de pied embarrassés autour de la loi sur la moralisation de la vie politique en pleine affaire Ferrand ?

-Comment ne pas craindre une remise en cause de l’Education Nationale avec la suppression du dispositif « Plus de maîtres que de classes », le retour à la semaine de 4 jours et l’abandon des enseignements interdisciplinaires ?

-Comment envisager la suppression de la Taxe d’Habitation sans réelles compensations pour les collectivités déjà fortement impactées par la baisse des dotations de l’Etat depuis 3 ans ?

-Et enfin, ce matin encore, dans le Parisien, le premier Ministre annonce à demi-mot une remise en cause de la généralisation du tiers payant en évoquant la nécessité « d’une évaluation  du dispositif ».

Nous aurons besoin de gauche à l’Assemblée, nous aurons besoin de députés socialistes constructifs et exigeants.

Face au cynisme de l’ultra-libéralisme nous devons croire à l’action politique :

-Je m’engagerai pour préserver et développer l’emploi, car je partage l’idée avec Arnaud Montebourg que le travail est une valeur de  gauche !

-J’encouragerai toutes les initiatives contribuant à développer les solidarités et à produire toujours plus de  justice sociale

-Je participerai à la protection de notre environnement et au développement des actions permettant d’accélérer la transition énergétique

-Je répondrai aux nouvelles aspirations démocratiques de nos  concitoyens en encourageant la diversité des formes de consultations citoyennes

-Je contribuerai à protéger  la population en défendant le rétablissement d’une police nationale de proximité et en confortant les moyens de la justice

-Je défendrai  une Europe du juste échange,  protectrice grâce au pacte de sécurité contre le terrorisme et qui devra lutter contre le dumping social et l’évasion fiscale

Dans un monde qui change, dans un monde plus brutal, nous avons la capacité de construire un avenir meilleur, si nous savons être innovants tout en restant fidèles à nous-mêmes.

Nous le devons à ceux qui se sont battus pour cela avant nous, nous le devons surtout à nos enfants.

Je suis un homme de convictions et d’engagements, profondément ancré dans ce territoire que j’aime, dans lequel j’ai grandi et pour lequel je me suis engagé depuis de nombreuses années.

J’ai à cœur de défendre nos valeurs républicaines

d’humanisme,

de laïcité,

de fraternité

et de pluralisme dans l’intérêt de tous.

Enfin et pour conclure, je le sais, nous le savons mes amis, mes chers camarades, cette circonscription est difficile, encore plus dans le contexte que nous connaissons aujourd’hui, mais il me semble qu’avec Jean-Jacques Rousseau nous pouvons dire : 

« Qu’il n’y a point de bonheur sans courage, ni de vertu sans combat. »

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